L'horaire de départ des sorties vélo pour le mois de MAI 2026 est fixé à 8h00 depuis le parking du stade "Vieux Melchior".

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Mon Premier Marathon
Tout a commencé en décembre dernier. Pour accompagner un collègue de bureau en manque de motivation pour débuter sa préparation au marathon de Paris, prévu le 12 avril prochain, nous allions courir une ou deux fois par semaine sur la pause de midi. En janvier il a dû réduire son volume d’entraînement en raison de douleurs à la cheville puis au genou, et en février, toujours en difficulté, il a commencé à me demander si je pourrais éventuellement courir à sa place.
J’ai alors repris le plan que j’avais suivi l’an dernier ; il restait sept semaines avant le marathon. Voyant que mes performances étaient proches de celles de l’an dernier au même stade, je me suis dit : pourquoi pas… Mon collègue renonçait deux semaines plus tard à sa participation. Il se renseignait sur la possibilité de me transférer son dossard tandis que je commençais à planifier ce week-end du 12 avril. Mais en découvrant le chiffre de plus de 50 000 participants, j’ai pris peur ! Faire la queue le samedi pour le retrait du dossard, prendre le départ à 11 h après les vagues des départs successives à partir de 8 h, terminer entre 15 h et 16 h… J’ai fini par lui dire non.
Mais puisque j’étais bien avancé dans ma préparation, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout ? Je me suis souvenu du marathon de Montpellier et, effectivement, il avait lieu le 19 avril, tout juste une semaine après Paris ! Les inscriptions étaient encore ouvertes, nous n’avions rien de prévu à cette date, et mes enfants, étudiants à Alès et Montpellier, pourraient venir m’encourager ! Je faisais une semaine de pause pour laisser passer une petite douleur à la cuisse, et je reprenais les quatre dernières semaines de la préparation. Fin mars, tous les signaux étaient au vert : je validais mon inscription et l’organisation du week-end à Montpellier s’effectuait simplement. Les dernières sorties longues se déroulaient sans problème. La dernière semaine, une douleur à la hanche s’installait et laissait planer un doute sur ma capacité à atteindre mon objectif.
Ma femme et moi arrivions à Montpellier la veille de la course dans l’après-midi. Après être allés chercher mon dossard, nous retrouvions nos enfants pour une belle soirée en famille. Je me réveillais le lendemain vers 5 h 30 et prenais un petit déjeuner bien consistant, déjà testé lors de mes sorties longues. J’emportais sur moi boisson, compotes et pâtes de fruits, et je laissais à mon fils ce qu’il devrait m’apporter quand je repasserais devant l’hôtel à la mi-course. Quand je sortais, la température était idéale ; en short et T-shirt il ne faisait pas froid. Le tram qui me menait au départ collectait à chaque arrêt son lot de coureurs, et se vidait d’un coup devant l’esplanade du Peyrou.

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Je me dirigeais lentement vers les sas de départ et prenais ma place dans celui d’un objectif à 4 h 15. Le circuit comportait une première boucle qui serait courue avec les semi-marathoniens, et une seconde presque identique pour atteindre les 42,195 km. Je prévoyais de ne pas partir trop vite, plutôt sur un rythme proche de 4 h 30, puis d’accélérer progressivement.
Dans une ambiance festive, les « champions » s’élançaient à 8 h, puis successivement les sas moins rapides, jusqu’à notre départ à 8 h 15. Je partais sans pression, avec comme premier objectif de dépasser les 30 km de mes entraînements, mais aussi avec la crainte que la douleur à la hanche ne m’oblige à renoncer. Je me faisais doubler par
de nombreux coureurs, mais je restais bien calé sous la fréquence cardiaque qui, sur le vélo, me permettait d’enchaîner jusqu’à dix heures d’effort. Dès le quinzième kilomètre, je constatais que j’étais déjà fatigué, bien plus que lors de mes sorties longues.
Au kilomètre 18, j’arrivais au carrefour où ma fille, en poste dans le cadre d’un job étudiant, bloquait la circulation et encourageait les coureurs ! Sans m’arrêter nous échangions quelques mots ; je lui faisais part de ma fatigue et elle m’encourageait d’un « Tu vas y arriver ! ». Deux cents mètres plus loin, c’étaient ma femme et mon fils qui m’attendaient. Je vidais mes poches et les remplissais de ce que mon fils me tendait : cela devrait me permettre de tenir les 24 km restants.
Peu après je laissais les semi-marathoniens prendre la montée vers l’arrivée tandis que j’étais orienté vers un passage souterrain. Brusquement il ne restait plus que quelques coureurs isolés, c’est ici que le marathon commençait vraiment. Je ressentais un mélange de fierté d’être de ce groupe, mais aussi de crainte devant la distance encore à parcourir. Aux points de ravitaillement suivants, j’ai commencé à marcher le temps de boire et de manger, avant de reprendre la course. Quand je dépassais le trentième kilomètre, c’était un peu comme si je venais de franchir la limite du monde connu pour entrer dans un univers de mystères et de dangers… Je marchais de plus en plus souvent, tout en évaluant combien de temps il me faudrait pour parcourir à pied les kilomètres restants. Dix, huit, six : l’arrivée était encore trop loin ; il fallait reprendre la course, en espérant ne pas subir le sort de ces quelques coureurs malheureux, allongés sur le sol et pris en charge par des secouristes pour des problèmes de crampes visiblement.
À 36 km, après environ 10 km au milieu des vignes, le panneau « Montpellier » m’annonçait que l’objectif était à ma portée. Je trouvais l’énergie pour courir encore pendant 3 km avant de capituler, les jambes trop fatiguées, et décidais de finir en marchant. Très vite, je me retrouvais pris dans le flux des coureurs du 10 km qui en finissaient eux aussi. Quelques-uns marchaient, d’autres s’encourageaient pour tenir, et la foule de plus en plus présente nous donnait de l’énergie. À l’embranchement où, trois heures plus tôt, j’avais laissé les semi-marathoniens, je reprenais une petite foulée : il restait moins d’un kilomètre. L’arc de triomphe était en vue ; je passais sous son arche et franchissais la ligne d’arrivée quelques dizaines de mètres derrière. L’émotion me gagnait et je recevais avec fierté ma médaille de marathonien ! Un coureur attirait mon attention ; ma femme et mon fils me faisaient signe : j’étais vraiment arrivé au bout de ce marathon !
Je reprenais le travail dès le lendemain et les courbatures disparaissaient en deux jours. Deux semaines plus tard, j’étais sur le vélo avec le club ; la forme était déjà revenue.
Un jour, peut-être, je reprendrai l’objectif de courir un marathon sous les 4 h 30. Mais pour le moment, retour au vélo et à la course à pied, pour le plaisir.

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François

Date de dernière mise à jour : 10/05/2026

Commentaires

  • Bruno

    1 Bruno Le 10/05/2026

    Bravo François, sacrée performance que tu nous fais bien revivre au travers de ce très beau récit !

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