L’ardéchoise Vélo Marathon en 2 jours
Un monument cyclotouriste et cyclosportif, de nombreux parcours allant de 1 à 4 jours. Le 12 et le 13 juin, Safi, mon ami Hugo et moi-même nous attaquons à l’Ardéchoise. D’abord, nous pensons à Emilie, à l’origine du projet qui n’est pas remise de sa blessure.
Avec Hugo et Safi, nous arrivons en fin de journée à St Félicien pour un restaurant avant d’aller dans notre gite se trouvant au Col Robert Marchand (aussi connu sous le nom de col du Marchand, FR-07-0903), légende locale qui détient de nombreux records de vitesse à vélo dans des catégories d’âge que peu de personnes atteignent. Nous récupérons ensuite notre logement pour la nuit après la traversée d’un chemin dans lequel nous ne sommes pas en confiance pour y aller en voiture. Nous nous couchons rapidement car nous savons que le menu des deux prochains jours va être costaud ! Sur le papier, on annonce 330km et environ 6500m de dénivelé positif en deux jours. Nous sommes engagés sur le parcours Ardéchoise Vélo Marathon (AVM) mais avec un logement pour la nuit assez écarté du parcours. Cet itinéraire, avec quelques variantes peut rapporter un joli paquet de nouveaux cols.

Vendredi 12 juin, nous partons tôt pour St Félicien afin de retirer nos dossards et remettre notre sac de délestage à l’organisation. Nous prenons un peu de temps pour faire cela mais aussi prendre un petit déjeuner offert au départ avant de s’élancer vers 7h45. Et le départ est en descente pendant 3km puis nous attaquons les pentes douces du col du Buisson (FR-07-0917) où nous roulons groupés et sur un bon rythme conversationnel. Il y a pas mal de cyclistes dans ce premier col, ce qui fait passer cette ascension rapidement.

Une fois au col, un replat nous mène au Tracol (FR-07-0971) puis dans la descente vers Lamastre. Nous commençons à voir de très jolis paysages avec ces villages complètement perdus dans la nature. Nous nous engageons ensuite sur une grande route en direction du Col des Nonières (FR-07-0670) mais une bifurcation nous fait prendre un petit raidard de 400m à 10% afin de prendre un viaduc de la Dolce Via. Cet itinéraire est réalisé sur une ancienne voie de chemin de fer abandonnée mais n’est pas intégralement goudronnée, contrairement au petit bout que nous empruntons.

Nous descendons ensuite au Cheylard où une longue montée d’environ 23km vers le col de Mézilhac (FR-07-1119) nous attend. Le début de l’ascension ressemble plus à un faux plat qu’à une vraie montée mais c’est continu et très long. A environ 7km du col, un ravito non officiel avec de jolies décorations s’offre à nous.

La sortie de ce ravito, à 7km du col de Mézilhac, correspond au moment où la pente se durcit légèrement avec l’entrée en scène d’un grand acteur de la journée : le vent ! Durant les 3 premiers kilomètres, il sera de face avant d’être de dos sur la fin de la montée, le virage en lacet où la transition s’est effectuée a fait un bien fou. Quelques petits écarts se font dans ce col mais rien de très long. Nous descendons ensuite dans des gorges absolument sublimes où nous prenons le temps de profiter du décor et de planifier prochainement une pause restaurant.

Sans transition, nous commençons la montée du col d’Aizac (FR-07-0642), beaucoup plus courte mais un peu plus pentue. Une fois au sommet, surprise avec un gros ravitaillement de l’organisation qui nous fait le plus grand bien. Cela ne change pas notre intention de trouver un restaurant avant la prochaine grosse difficulté du parcours. Après un replat, nous montons le col de Moucheyres (FR-07-0858) qui est aussi assez court avec un peu plus de pente. Nous retrouvons également des cyclos des parcours en trois jours avec qui nous discutons. Ils nous conseillent de s’arrêter au prochain village car après, nous attaquons le col de la Barricaude (non reconnu) avec une montée de 12km à 6% de moyenne.

Sur le papier, rien de bien compliqué mais le manque de nourriture salée et la belle moyenne d’environ 23-24km/h jusque là se fait ressentir. De plus, le col est monté majoritairement vent de face. Hugo et moi manquons de sel, je m’en sors avec un petit paquet de chips dans mon sac à dos mais Hugo est dans une mauvaise passe où il ne peut pas manger. Je monte le col tranquillement avec lui et un cyclo haut savoyard avec qui nous tapons la discute. Une fois au col, nous sommes d’accord pour nous arrêter au premier restaurant. Nous mettrons 12km avec un profil montant vent de face à trouver ce restaurant, à 1km du Col du Mont Gerbier de Jonc, source de la Loire. Pour moi, ayant vécu un peu plus de 2 ans à Blois dans le cadre de mes études, cela me fait bizarre de voir cet immense fleuve réduit à un simple torrent complètement perdu dans les montagnes.

A ce moment, nous avons fait 127km et plus de 2600m de dénivelé positif mais nous ne sommes pas encore aux Estables où le vent continue de nous user. Cependant, le restaurant nous a fait le plus grand bien et nous enchainons les montées et descentes, toujours vent de face sur un rythme un peu plus élevé qu’avant. Nous arrivons ensuite aux Estables où nous quittons le parcours. Mais c’est sans compter mes variantes où j’avais prévu une petite boucle de 8km pour empocher le col le plus haut d’Ardèche et le col le plus haut de Haute Loire. Avant de nous ravitailler, nous attaquons donc une ligne droite interminable (pas la dernière de la journée) en escaliers en direction du Col de la Croix de Boutière (FR-07-1508). Ce col offre une vue incroyable dont nous profitons avec un couple d’alsaciens en vacances dans le coin avec qui nous discutons. Nous récupérons ensuite le Col de la Croix de Peccata (FR-43-1570) puis retournons aux Estables pour nous ravitailler. Nous avons accompli 147km avec plus de 3400m de dénivelé positif (record battu pour Safi, égalé pour moi et en approche pour Hugo) mais nous sommes encore à 25km de notre logement du soir à St Julien Chapteuil (en réalité plus). Le vent de face continue de nous accompagner dans des immenses lignes droites en toboggans dont nous ne voyons pas la fin. Nous longeons le très joli lac de Saint Front où j’avais vraiment envie de me baigner.

Une fois repartis et après avoir encore affronté de nombreuses lignes droites, nous arrivons sur une grande route où nous descendons à toute allure vers notre logement du soir. Nous affrontons ensuite une route vallonnée en mauvais état pour rejoindre le village et finir cette première journée avec 177km et 3600m de dénivelé positif (record battu pour nous trois) sur les coups de 19h. Nous profitons d’un bon repas et d’une nuit bien méritée en vue du lendemain.

Samedi 13 juin, après un petit déjeuner copieux, nous prenons le départ sur le trajet de la veille en sens inverse pendant une dizaine de kilomètres, incluant la descente rapide de la veille. Très rapidement, je sens que je n’ai aucune énergie pour envoyer, juste assez pour survivre. Nous rejoignons Fay sur Lignon où le premier ravito d’une longue série nous attend. Nous rejoignons le parcours peu de temps après mais d’abord, un petit tour en sens inverse pour empocher le col du Viallard (FR-07-1321). Je laisse partir Hugo et Safi dans les cols, impuissant mais quand même à mon maximum du moment. Nous trouvons un nouveau ravito au sommet et nous comprenons à quoi cette journée va ressembler. Ce ravito dispose de sa star pour accueillir les nombreux cyclos.

Nous franchissons ensuite le Col de la Scie (FR-07-1205) et nous prenons une descente à flanc de falaise où nous en prenons plein la vue.

Une fois en bas de la descente, nous commençons le Col de l’Ardéchoise (FR-07-1184) où de belles animations sont proposées à Chanéac. Dans ce col, je suis toujours collé au bitume. Je retrouve Hugo et Safi au sommet puis nous descendons vers Borée où nous voyons ces pierres placées dans un champ avec le village en face. Nous récupérons « Le Col » (FR-07-1110) en aller-retour puis je sens que je dois prendre de l’avance sur Hugo et Safi en vue des prochains cols.

J’anticipe donc mon départ du ravito de Borée où je descends plus rapidement que la moyenne et je monte tranquillement. Ce passage contient de nombreux bouts de faux plats vraiment sympathiques et je sens que j’ai pris la bonne décision car enfin, je suis à un rythme où je ne suis pas essoufflé ou avec les jambes qui hurlent de ralentir. J’ai en projet de retrouver Hugo et Safi au gros ravito de Saint Agrève qui se trouve en haut d’une bosse de 11km sur une pente modérée. Ici, nous avons rejoint les parcours en un jour et il y a un monde fou. Je double du monde et je sens que ma condition s’améliore légèrement alors que nous sommes au kilomètre 85. Il était temps !

Je retrouve Hugo et Safi et je sens que je vais un peu mieux. Je galère toujours à suivre pour finir le col de Freydaparet (non reconnu). La descente me permet de redoubler Hugo et Safi et de filer vers le Col de Rochepaule (non reconnu). Et dans ce col, je suis enfin de retour avec des watts dignes d’un début de parcours. Nous descendons ensuite au pied de la dernière ascension de ce parcours. Le col de Lalouvesc (non reconnu) marque une séparation entre les cyclosportifs et cyclotouristes. La montée pour les cyclotouristes contient des pentes raisonnables dans les 5-6 premier kilomètres de montée avant de s’aplanir sur la fin. Je profite du petit ravito et des groupes de musique dans la montée pour réaliser une montée de bon niveau et je retrouve Hugo et Safi, cette fois derrière moi, au ravitaillement.

Nous profitons ensuite du belvédère de Lalouvesc, puis nous nous laissons descendre en récupérant plusieurs cols en chemin : le Col du Faux (FR-07-1021a), le Col Robert Marchand (FR-07-0903) et le Col du Gibet (FR-07-0713). Nous arrivons à St Félicien après une belle boucle de 315km et 6400m de dénivelé positif. Nous nous ravitaillons puis repartons chez nous car la route est longue et les routes barrées nombreuses aux abords de St Félicien.
Au final, deux belles journées bien chargées avec une superbe expérience, surtout le deuxième jour. L’idée de revenir l’année prochaine pour un format en un jour est présente.
Raphaël
Commentaires
1 Louis-Eric Maubert Le 17/06/2026
2 Marithé Stretti Le 17/06/2026
Merci Raphaël.
Marithé
3 Marithé Stretti Le 17/06/2026
Merci Raphaël.
Marithé
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